Publié dans Politique

Assassinat de Danil Radjan - La théorie d’un règlement de comptes privilégiée

Publié le lundi, 21 septembre 2020

48 heures après la découverte du corps de Danil Radjan au centre commercial La City où il habitait, l’enquête démarre timidement. La famille de la victime demande à ce que celle-ci aboutisse et que les coupables soient démasqués et punis. A l’heure actuelle, les enquêteurs préfèrent user le maître-mot « silence on travaille » et refuse de communiquer quoi que ce soit. Néanmoins, des bribes d’information avancent que la piste des règlements de comptes est plus explorée que les autres. La réaction de la famille somme toute ainsi compréhensible d’autant plus que de son vivant le défunt a vécu des situations difficiles et a été traîné dans la boue par ses ennemis.

Ces derniers lui ont fait coller des pires choses sur la sûreté intérieure de l’Etat l’ayant conduit à la maison de force de Tsiafahy pendant deux bonnes années. Des ennemis, ayant les bras longs et un matelas financier épais, auraient susurré aux oreilles des autorités que le défunt ainsi que son frère fabriquaient des bombes artisanales.

 Mais pour son frère, Moustapha Ameraly, d’autres charges lui sont tombées sur les épaules alors qu’il se trouvait en prison. Trafic d’or, blanchiment d’argent et bien d’autres s’ajoutaient à son dossier judiciaire devenu épais d’un seul coup. Plainte contre plainte, Moustapha parvenait tout de même à sortir de l’imbroglio à la fin de son procès à l’issue duquel le tribunal l’a relaxé contrairement à ses adversaires indo-pakistanais qui, eux, ont été condamnés de 5 à 7 ans de travaux forcés. Mais ces derniers, ou du moins l’un d’eux, ont été soustraits de la prison, quelques minutes (eh oui) seulement après leur incarcération par les barons de l’ancien régime. Une affaire dont les gens de la presse s’en souvenaient certainement tout comme la tentative d’assassinat dont est victime Moustapha Ameraly du côté d’Ambatobe. Atteint de trois balles sur la figure, il a pu être sauvé après son évacuation à l’île de La Réunion.

Danil Radjan n’a pas eu cette chance de son frère. Lui, il a été assassiné dans des circonstances encore floues dans la journée de samedi. Un premier visionnage des images de la vidéosurveillance a permis de constater son entrée dans les locaux du centre commercial. Mais jamais, il n’atteindra son appartement sis dans l’immeuble même.

De son côté, celle du Collectif des français d’origine indienne de Madagascar (CFOIM) est tout autre. Elle avance que le cadavre avait été plutôt découvert dans le parking sous-sol du centre commercial La City. A en croire ce collectif, c’était à cet endroit qu’on l’avait assassiné.

Mais une autre source semble nourrir de plus en plus le doute. Elle s’est penchée sur l’hypothèse selon laquelle le malheureux aurait été assassiné à un autre endroit, et que les auteurs du crime avaient ensuite jeté son corps dans ce parking sous-sol.

Des supputations que les enquêteurs auront à confirmer ou à infirmer au fil de leur enquête qui, à la fin, désignera les mains coupables ou le cerveau commanditaire. Les autorités françaises suivent certainement de très près cette affaire qui touche un de leurs ressortissants. Elles l’avaient fait auparavant quand les frères Moustapha et Danil subissaient les assauts répétés de leurs adversaires.

La Rédaction

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Editorial

  • Vouée à l’échec ?
    Le pays est en plein chantier d’élaboration d’une nouvelle Stratégie nationale pour la lutte contre la corruption (et l’impunité), la SNLCC. Celle qui est en vigueur arrivera à son terme à la fin de l’année en cours après dix ans de mise en œuvre dans la bataille contre cette « ennemie » apparemment imbattable. Mise en selle en 2014, la SNLCC actuelle finira sa course incessamment. Mi-figue, mi-raisin, le bilan de la décennie de la Stratégie nationale de lutte contre la corruption balance entre un échec et une réussite. Le Comité pour la sauvegarde de l’intégrité (CSI) se trouve dans l’embarras pour traduire la situation exacte. Sahondra Rabenarivo, la présidente du CSI, déplore plus d’une fois l’existence de certains facteurs de blocage dans le processus normal de la lutte contre la corruption. Il existe un dysfonctionnement perçu comme un frein au bon déroulement du système de lutte contre la corruption.

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